Depuis 50 ans et pour les 50 années suivantes, nous préparons l’avenir pour que les générations futures puissent travailler dans notre raffinerie avec plaisir. Est-ce un rêve ? Peut-être. Mais je suis convaincu que nous sommes en train de le toucher du doigt. Alors je me permets de vous le dire : nos 50 ans d’existence s’approchent ! C’est à nous de les réaliser. Et nous nous tenons prêts.

 
  • 1966Inauguration de la raffinerie de Cressier



    Très moderne, la raffinerie a bénéficié des dernières avancées technologiques et coûté 180 millions de francs, une somme très importante pour l’époque. Comme le souligne la direction de Shell, la construire à Cressier a coûté plus cher qu’ailleurs, avant tout en raison des exigences du gouvernement et de la population en termes de protection de l’environnement, qui ont été respectées à la lettre. La raffinerie répond aussi à un véritable besoin : si jusque dans les années 1950, la consommation de produits pétroliers en Europe est restée stable, elle a explosé avec l’avènement de la consommation de masse, et c’est aussi le cas pour la Suisse. Après une période de tests et d’adaptations, la raffinerie produira annuellement 2.5 millions de tonnes de gaz, essence, gasoil, kérosène, huile de chauffage et bitume. Elle aura une capacité de stockage de millions de 450 litres et 300 wagons pourront chaque jour transporter les produits depuis sa gare de triage interne à 18 voies.

  • Années 1970-1990Améliorations techniques et progrès écologiques



    Dans les années septante, malgré le choc pétrolier, la raffinerie continue à se développer et à s’améliorer. Elle obtient son permis d’exploitation définitif en 1970, après quelques travaux additionnels demandés par la « Commission fédérale de haute surveillance pour la raffinerie de Cressier » créée en 1965. La fin des années 70 , tout comme la décennie suivante, seront des années de développement importantes pour la raffinerie de Cressier. En 1980, ce ne sont pas moins de 32 projets qui ont été menés à bien, dans le domaine des économies d’énergie notamment. L’arrivée de l’informatique permet d’améliorer le contrôle de la production et de la consommation d’énergie.
    Dans les années 80, «la mort des forêts» est sur toutes les lèvres. Les sapins perdent leurs aiguilles en Suisse, Der Spiegel titre « La forêt meurt ». L’écologie fait une entrée en scène remarquée dans l’arène politique et la responsable de cette catastrophe annoncée est toute trouvée : la pollution atmosphérique. En 1982, les autorités imposent une nouvelle réduction de la teneur en plomb de l’essence en Suisse. Pour faire face à cette nouvelle sensibilité, la raffinerie de Cressier continue à s’adapter. Durant cette décennie et les suivantes, elle effectue les ajustements nécessaires et des investissements considérables pour assurer une production de carburants et de combustibles toujours moins polluants, améliorer les gaz de combustion à la cheminée et économiser l’énergie fossile et électrique nécessaires à l’exploitation.

  • 1990-1999des années décisives pour l’avenir



    En 1990 , la raffinerie couvre à elle seule un quart des besoins en produits pétroliers de la Suisse. En 1991, elle est sacrée « la meilleure raffinerie du groupe Shell » et reçoit l’aval de la direction générale – ainsi qu’une enveloppe de 120 millions - pour le démarrage d’un projet d’envergure : la construction d’une unité de désulfuration appelée « Cristal ». Elle produira du diesel et du mazout dont les émissions en dioxyde de soufre et en oxyde d’azote seront fortement réduites au moment de la combustion. La raffinerie fait œuvre de pionnier, puisque cette unité est construite pour respecter les normes de protection de l’air édictées par la Confédération, en avance sur le reste de l’Europe. Dès le 1er janvier 1994, la teneur en soufre du diesel ne sera plus que de 0,05 % contre 0,2 % auparavant, ce qui représente une réduction drastique de 75%. Seule la Suisse s’est dotée à ce moment-là de normes de protection aussi dures. La raffinerie de Cressier devient le plus important et le plus moderne complexe pétrolier de Suisse.

  • 2000la raffinerie passe en mains de Petroplus.



    A la fin des années 1990, et pour la première fois de son histoire, rien ne va plus pour la raffinerie de Cressier. En 1996, le groupe Shell décide de mettre la raffinerie en vente. Celle qui a avait été sacrée « meilleure raffinerie au monde », ne l’est plus pour son propriétaire. Elle n’est plus assez performante, trop petite, mal placée. La plupart des autres raffineries du groupe Shell sont situées en bordure de mer, et comme le coût du transport de produits finis a tendance à baisser, la rentabilité de Cressier s’en ressent. Mais vendre une raffinerie n’est pas chose aisée… c’est finalement en 1999 que le processus de vente aboutit et devient effectif le 1er mai 2000. La société Petroplus emporte l’affaire, après plusieurs mois de négociations. Le nouveau propriétaire souhaite accroître ses capacités de raffinage en Europe, et s’engage à maintenir le même niveau de production, ainsi que l’emploi. Avec ce rachat, c’est toute une région qui respire. Les 200 emplois sont conservés aux mêmes conditions salariales, le savoir-faire technologique reste en terres neuchâteloises, et la coopération entre le gouvernement neuchâtelois et la direction de la raffinerie a porté ses fruits. Une nouvelle aventure peut commencer.

  • 2000 - 2010environnement, sécurité et processus : constantes adaptations



    Après les turbulences de la vente, la tranquillité s’installe pour plusieurs années. Une tranquillité toute relative, puisque la raffinerie continue à se développer et à se préparer à affronter les défis du futur. En décembre 2004, on inaugure l’unité de fabrication d’hydrogène « Sunshine ». Construite pour améliorer les propriétés environnementales de certains produits raffinés, elle est un clin d’œil à l’avenir de Cressier : sans cette unité, la viabilité économique de la raffinerie était sérieusement compromise. En parallèle, on actualise des instruments datant des années 60 devenus obsolètes. L’instrumentation autrefois pneumatique est remplacée par des techniques modernes, assistées par une gestion informatisée. La raffinerie continue aussi à soigner ses relations avec le voisinage : elle décide en 2007 d’entreprendre un important projet de réduction du bruit. Une étude visant à identifier les sources du bruit a démontré que les éléments les plus bruyants étaient les ventilateurs réfrigérants et la torchère, la raffinerie s’engage à les changer et régler la facture, estimée à quatre millions de francs.
    Au niveau de l’écologie aussi, on ne chôme pas, avec de nombreux projets de protection de la nature et d’amélioration de la biodiversité du site.

  • 2011l’année de tous les dangers



    Décembre 2011 :
    problèmes de liquidités et chute en bourse pour Petroplus


    Si l’histoire de la raffinerie est loin d’être un long fleuve tranquille, la fin de l’année 2011 et la première moitié de 2012 sont particulièrement mouvementées. Juste après Noël les collaborateurs apprennent, certains en regardant le téléjournal du soir, que le groupe Petroplus, en proie à de graves difficultés financières, va fermer leur raffinerie ainsi que deux autres sites en Belgique et en France. Après une courte période d’espoir, il faut se rendre à l’évidence : la raffinerie est provisoirement fermée en janvier, Petroplus n’ayant pas réussi à trouver de terrain d’entente avec les banques. Les salaires seront payés jusqu’au décembre ; ensuite, ce sera le chômage technique et une période d’incertitude.

    Janvier à avril 2012 :
    négociations menées avec calme, discrétion et efficacité


    De l’extérieur, les carottes semblent cuites. A l’intérieur, il en est tout autrement. Soutenu par l’ensemble des collaborateurs, Gilles Vollin, directeur de la raffinerie, s’organise avec son équipe. Les possibilités sont limitées, il faudra jouer serré. Première des choses : garder confiance en l’avenir. L’équipe de direction se démène pour trouver un nouveau repreneur, en toute discrétion, avec un soutien inconditionnel de l’ensemble des collaborateurs. Mot d’ordre : pas de grève, pas de manifestations, pas de déclarations inconsidérées à la presse.

  • Mai 2012Varo Energy reprend la raffinerie



    La vente est un véritable travail d’équipe : les commissaires au sursis concordataire travaillent main dans la main avec la direction de la raffinerie, avec la direction des départements marketing et logistique à Zoug, et avec le soutien des autorités neuchâteloises. L’accord est signé en pleine nuit, à 3h40 du matin. Les années à venir vont le démontrer : à la raffinerie, on ne se laisse pas abattre. La direction, main dans la main avec le nouveau propriétaire, fourmille de projets pour assurer l’avenir. Sans plus perdre de temps, on passe la vitesse supérieure. Une nouvelle étape commence. Le démantèlement a été évité, l’activité peut enfin reprendre et les collaborateurs se tiennent fin prêts. Pour eux, c’était évident : leur « tas de ferraille » préféré continuerait à vivre et ils s’y sont préparés en conséquence ; tout a été amoureusement bichonné et maintenu en état pour un redémarrage sans accrocs.

  • 2015inauguration de la nouvelle salle de contrôle et grand arrêt de maintenance



    Dès 2012, VARO Energy SA, nouveau propriétaire de la raffinerie, a fixé un plan d’améliorations ambitieux.

    Parmi tous les projets, il y en a pourtant un qui est particulièrement symbolique : la nouvelle salle de contrôle. Ce projet-là n’a qu’un seul objectif, la sécurité. L’essentiel de la construction a été exécuté entre 2013 et 2015, alors même que les fondations ont été réalisées en automne 2011, peu avant la période d’insolvabilité. Mise en service en 2015, la nouvelle salle de contrôle est un bijou de technologie, entièrement pensé en fonction de la sécurité et du confort des opérateurs.

    En 2015, le plus grand arrêt de maintenance jamais réalisé depuis les débuts de la raffinerie:
    les arrêts de maintenance dans une raffinerie, c’est un peu comme les grands ménages de printemps dans une maison : on arrête tout, on se retrousse les manches et on se met au grand nettoyage. L’arrêt de maintenance de 2015 a été le plus grand jamais réalisé, et c’est plus de 1’500 personnes, venues de loin parfois, qui se sont attelées à la tâche. Pour épauler le personnel de la raffinerie, des techniciens français, allemands, espagnols ou polonais se sont momentanément installés dans la région. Pour la direction de la raffinerie, coordonner tout ce monde représentait un défi de taille, et un grand travail de préparation et d’encadrement. Grâce à l’effort de tous, l’arrêt a été un grand succès : aucun accident significatif à déplorer, et une «grand-mère» plus alerte que jamais !

  • 2016nouveau projets



    Les investissements faits par VARO Energy portent leurs fruits. Les activités de niche de raffinerie de haute qualité dessinent un nouvel avenir : celui d’une entreprise spécialisée dans des produits « Swiss made », à la pointe de la technologie, de la sécurité et de la protection de l’environnement.

    Utilisation du gaz naturel :
    nouveaux projects dès 2016 la raffinerie de Cressier aura la possibilité d’utiliser du gaz naturel comme source de chaleur en lieu et place d’autres hydrocarbures. Ce projet permet d’améliorer l’empreinte écologique en diminuant la quantité de CO2 émise, d’augmenter l’efficacité énergétique de certains processus et de contribuer à l’augmentation de la productivité de la raffinerie.

    Production de bioéthanol et biodiesel :
    les biocarburants sont l’une des dernières innovations effectuées à la raffinerie de Cressier. Ce sont des carburants contenant des composants d’origine non fossile, soit de l’essence contenant du bioéthanol pour les moteurs à explosion et du biodiesel pour les moteurs à compression.

  • 2041une raffinerie à la pointe du progrès



    Discours de Reinout Houttuin, directeur de la raffinerie, à l’occasion des festivités pour les 50 ans de l’entreprise, en septembre 2016 : « Depuis 50 ans et pour les 50 années suivantes, nous préparons l’avenir pour que les générations futures puissent travailler dans notre raffinerie avec plaisir. Est-ce un rêve ? Peut-être. Mais je suis convaincu que nous sommes en train de le toucher du doigt. Alors je me permets de vous le dire : nos 50 ans d’existence s’approchent ! C’est à nous de les réaliser. Et nous nous tenons prêts ».